Tout le monde danse
co-créé avec Charlotte Hermant2026, Bruxelles
Sel, table, chaises, goutte à goutte, audio, éléments divers
Installation à dimensions variables
en collaboration avec Romain Pigneul pour la création sonore
Dans une salle où se dresse une grande table, le couvert est mis mais le lieu est désert, dépeuplé. Sur le plateau, plusieurs temporalités d’un dîner cohabitent, parasitées progressivement par une pellicule de sel et de cendres jusqu’à n’en laisser que l’empreinte. Dans ce lieu pourtant figé, archéologique, il y a encore du vivant, du temps qui s’écoule et des histoires qui se racontent. Des corps et des voix font irruption, incarnés dans un présent tangible, factuel comme les témoins d’un passé immédiat.
Avec l’installation Tout le monde danse, Charlotte Hermant et Guillemette Ridet élaborent un territoire poétique et fictionnel, un espace de mémoire, de métamorphose et de projection. Il s’agit de déplacer le regard, de révéler les failles, les seuils, les glissements du réel. Leur création commune lie deux pratiques : une approche plastique centrée sur la mémoire, la latence, et une exploration de l’espace comme lieu d’étrangeté quotidienne. Ce dialogue nourrit une forme hybride, née de l’interstice entre leurs disciplines.
Posant un regard analytique sur l’espace du vide et du quelconque, l’installation s’ancre dans une archéologie du normal. Il y est question d’événements de l’ordinaire, de vécu et de solitude commune. Le temps lui-même devient un médium pour parler du temps à travers la lenteur que nécessite le processus de cristallisation. Le public, transformé en convive de cette table grinçante, devient témoin de ce temps qui se propage.
Chimère du banal et de l’extraordinaire, Tout le monde danse s’articule autour des notions de latence (qui existe sans apparaître encore, sans se manifester extérieurement), rémanence (persistance partielle d’un phénomène après disparition de la cause qui l’a provoqué) et potentiel (qui existe en puissance, qui pourrait se manifester). Cherchant à raconter un souvenir, à figer ce qui n’existe plus, comme pour le préserver vainement de l’oubli, les deux artistes nous offrent de regarder autrement le passage du temps et l’érosion de la mémoire.
Tout le monde danse
co-created with Charlotte Hermant2026, Brussels
Salt, table, chairs, drip, audio, various elements
Installation of variable dimensions
in collaboration with Romain Pigneul for the sound design
In a room dominated by a large table, the table is laid but the space is deserted, devoid of people. On the table, several moments in time from a dinner coexist, gradually obscured by a layer of salt and ash until only their imprint remains. Yet in this frozen, archaeological space, there is still life, time passing and stories being told. Bodies and voices burst in, embodied in a tangible, factual present, like witnesses to an immediate past.
With the installation Tout le monde danse, Charlotte Hermant and Guillemette Ridet create a poetic and fictional territory, a space of memory, metamorphosis and projection. The aim is to shift the gaze, to reveal the fissures, thresholds and shifts in reality. Their joint creation links two practices: a visual approach centred on memory and latency, and an exploration of space as a place of everyday strangeness. This dialogue gives rise to a hybrid form, born of the interstice between their disciplines.
Taking an analytical look at the space of emptiness and the ordinary, the installation is rooted in an archaeology of the normal. It explores everyday occurrences, lived experience and a shared sense of solitude. Time itself becomes a medium for speaking about time through the slowness required by the crystallisation process. The audience, transformed into guests at this creaking table, becomes a witness to this time as it unfolds.
A chimera of the banal and the extraordinary, Tout le monde danse revolves around the notions of latency (that which exists without yet appearing, without manifesting itself externally), persistence (the partial lingering of a phenomenon after the disappearance of the cause that brought it about) and potential (that which exists in potential, which could manifest itself). Seeking to recount a memory, to freeze what no longer exists, as if to preserve it in vain from oblivion, the two artists invite us to view the passage of time and the erosion of memory in a different light.

crédits photographiques _ Sacha Fooy

crédits photographiques _ Sacha Fooy

crédits photographiques _ Sacha Fooy
